DE LA VILLE DE PARIS.
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ce faire vous donnons pouvoir, et oultre envoiez de­main, à six heures du matin, à la Cousture du Temple tous les pionniers de voslred. quartier; sy n'y faictes
faulte. Faict au Bureau.de lad. Ville, le treize"" jou r d'Octobre 15C7."
Signé : Bachelier.
DGCCXX. — Lettres patentes du Rov
POUR LA LEVÉE DES QUATRE MIL QUATRE CENS HOMMES DE PIED POUR LA GARDE DE CESTE VlLLE.
i5 octobre i567.(H 178/1, fol. Ai 1 r°.)
a Charles, par la grace de Dieu Roy de France, à noz tres chers et bien amez, les Prevost des Marchans ct Eschevins et habitans de nostre bonne ville et cité de Paris, salut et dillection. Comme pour obvier et ressisler aux desseings et entreprinses que les en­nemys et perlubateurs du repoz publicq de nostre royaulme font contre et au prejudice de nostre estat, nous eussions, au temps mesmes que l'adverlissement nous en feust faict, par certaines noz lectres patentes ordonné que tous les manans et habitans de nostred, ville de Paris reprandroient leurs armes pour s'en aider et servir à leur conservation, soubz la charge des cappitaines esleuz par Dizaines, ainsy qu'ilz fei­rent durant les derniers troubles, à quoy ung cha­cun a faict, comme encores faict, tout debvoir qu'il luy est possible, et mesmes à faire guet et garde aux portes etrempartz; toutesfois, d'aultant que une partie d'entre eulx n'estans bien dressez ny faction-nez, ou quoy que soyt disposez à excercer la guerre, le plus souvent n'y assistent, ains y enveoient leurs gens, qui est cause que lad. Ville auroict bien be­soing d'estre munye et pourveue d'hommes des­quelz l'on se puisse asseurer pour la deffence d'icelle Ville,si l'affaire le requerroyt; nous,pources causes, desirans estre à cela promptement pourveu et obvyé au dommaige et inconveniant qui à faulte de ce y pourroict advenir, vous avons permis et permeclons, voullons et vous mandons par ces presentes que vous aiez incontinant et le plus dilligemment que faire se pourra, à lever, assembler et mectre sus en nos­tred, ville de Paris jusques au nombre de quatre mil quatre cens hommes de guerre à pied, des plus vaillans et mieulx aguerriz qui se pourront trouver et le plus des gens de lad. Ville quc faire se pourra, composez de scize enseignes et compaigniées, et aultant de cappitaines qui seront choisiz, nommez et présentez par vous Prevost des Marchans ct Es­chevins, soubz certain vertueux et vaillant person­naige qui y sera par nous estably pour collonne!, pour esire tous lesd, gens de guerre conduictz el exploiclez à la garde et deffence de lad. Ville, ainsi qu'il leur sera par vous ordonné. Et d'aultant que
c'est, chose qui concerne la conservation d'un chacun et de sa maison et biens, ordonnons que la paie s'en prandra sur lad. Ville lant et si longuement qu'il sera par vous advisé, et pour le paiement d'iceulx vous ordonnerez aux Quartiniers, cappitaines et bourgeois de eulx assembler en chacun quartier, affin de faire cottization sur chacun bourgeois qui aura le moien de porter ceste despence et de leur faire paier la paie d'un ou deulx soldatz, ou aultre quantité qu'il sera advisé, chacun selon son pouvoir; et ceulx qui n'auront moien de paier ung soldai entier, vous les ferez cottizer pour demye paie, ou liers, ou quart, en sorte qu'il se puisse lever lad. de quatre mil quatre cens paies de soldatz, armez soyt de morion, harquebouze, corselletz et picqué, selon le deppartement qu'adviserez bon estre faict; lesquelles arines seront baillées à chacun soldat par ceulx mesmes qui seront ordonnez pour faire leurs paies. Et pourront bailler telles personnes pour soldat que bon leur semblera, pourveu qu'ilz soient trouvez suQîzans et capables pour porter et eulx aider des armes et selon que chacun cappitaine pourra certif­fier; lesquelz cappitaines seront par vous nommez el pourveuz ausd, estatz avecq leurs enseignes, donl sera choisy le plus de gens de vostre congnoissance que pourrez, et qui feront serment au Bureau de la Ville en la forme que vous mesmes le faictes et les officiers d'icelle Ville ont accoustumé de faire, comme n'estans destinez pour aultre effect que pour la def­fence de lad. Ville, soubz l'auctorité de vostre Bureau, et sans que vous soiez tenuz appeller commissaire controlleur ne paieur, sinon que vous Prevost, si bon vous semble, ung Eschevin avecq deux Conseil­lers et deux notables bourgeois, lesquelz, après avoir faict faire monstre, bailleront ung pelit billet con­tenant ces motz : Tel, soldat iPnn tel bourgeois, demou­rant en ung tel quartier, sera paié pour ung mois, et ainsi du plus ct du moindre, n'entendons l'entre­tenement desd, soldatz, sinon que tant que vous mesmes avecq vostre Conseil adviserez, et scion quc la neccessité le requerra. Ft parce quc nostre inten­tion de ce present establissement est du tout pour